Déficit foncier 2026 : Le calcul exact pour effacer vos impôts


L’investisseur immobilier au régime réel vit souvent une double peine : il doit financer des travaux coûteux pour entretenir son patrimoine, tout en payant une fiscalité lourde sur les loyers encaissés.

Pourtant, en location nue, ces dépenses ne sont pas une perte sèche. Grâce au mécanisme du déficit foncier, elles peuvent se transformer en une arme fiscale redoutable, capable d’effacer non seulement vos impôts sur les revenus locatifs, mais aussi une partie de votre impôt sur le revenu salarié.

Encore faut-il savoir le calculer correctement. Entre les plafonds d’imputation, les reports sur 10 ans et la distinction des types de charges, une erreur sur votre déclaration 2044 peut vous suivre (et vous coûter cher) pendant une décennie.

Voici comment maîtriser ce mécanisme en 2026 et simuler son impact réel sur votre enrichissement.

En bref : Qu’est-ce que le déficit foncier ?

Définition pour vos impôts : Le déficit foncier survient lorsque, dans le cadre d’une location nue (au régime réel), le montant de vos charges déductibles (travaux, intérêts, taxes) est supérieur aux loyers que vous avez encaissés.

Ce solde négatif a deux vertus :
1. Il est déductible de votre revenu global (salaires) dans la limite de 10 700 € par an (ou 21 400 € pour certaines rénovations énergétiques).
2. L’excédent est reportable et déductible de vos revenus fonciers pendant les 10 années suivantes.


La mécanique des « deux guichets » : comprendre le calcul

C’est la subtilité que beaucoup d’investisseurs débutants ignorent. Toutes les charges ne se valent pas aux yeux de l’administration fiscale. Pour calculer votre déficit, il faut séparer vos dépenses en deux catégories (ou « guichets »).

Guichet 1 : Les charges financières

Il s’agit des intérêts d’emprunt et de l’assurance emprunteur.

  • La règle : Ces charges ne peuvent jamais créer de déficit sur le revenu global. Elles ne servent qu’à annuler les loyers perçus.

Guichet 2 : Les charges non financières

Il s’agit des travaux (entretien, amélioration), de la taxe foncière, des frais de gestion, des primes d’assurance PNO, etc.

  • La règle : Ce sont ces charges « actives » qui génèrent le déficit imputable sur vos salaires jusqu’à 10 700 €.

Exemple de calcul concret (situation 2026)

Prenons l’exemple d’un investisseur avec une Tranche Marginale d’Imposition (TMI) à 30%. Il possède un appartement nécessitant une rénovation.

  • Loyers encaissés : 10 000 €
  • Charges financières (intérêts + assurance emprunteur) : 4 000 € (Guichet 1)
  • Charges non financières (travaux + taxe foncière + gestion) : 20 000 € (Guichet 2)
  • Total des charges : 24 000 €

Le calcul se fait en deux étapes :

Étape 1 : Imputation des charges financières (guichet 1)

On commence toujours par soustraire les intérêts des loyers.

Solde intermédiaire = Loyers – Intérêts = 10 000 € – 4 000 € = + 6 000 €

Note : Si ce résultat avait été négatif, le déficit créé par les intérêts n’aurait pas pu s’imputer sur le revenu global. Il aurait été mis en réserve uniquement pour les loyers futurs.

Étape 2 : Imputation des charges non financières (guichet 2)

On soustrait ensuite les travaux de ce solde intermédiaire.

Déficit foncier brut = Solde intermédiaire – Travaux = 6 000 € – 20 000 € = – 14 000 €

Nous avons donc créé un déficit foncier de 14 000 € provenant exclusivement des charges « actives » (travaux).

Étape 3 : L’imputation fiscale (TMI 30%)

Sur ce déficit de 14 000 €, comment l’administration fiscale l’applique-t-elle ?

  1. Imputation sur le revenu global : On prend le maximum autorisé par la loi, soit 10 700 €. Ce montant est soustrait de vos salaires imposables.
    • Gain fiscal immédiat : 10 700 € x 30% = 3 210 € d’économie d’impôt sur le revenu.
  2. Création du « stock » de déficit reportable : Il reste un solde non utilisé.
    Stock = 14 000 – 10 700 = 3 300 €
    Ces 3 300 € ne sont pas perdus. Ils sont mis en réserve. Ils viendront automatiquement réduire vos loyers imposables l’année prochaine (et les suivantes).

Le « boost » rénovation énergétique (passoires thermiques)

Depuis la loi Climat et Résilience, et pour accélérer la rénovation des passoires énergétiques (classées E, F ou G), le plafond d’imputation sur le revenu global peut être temporairement doublé pour passer de 10 700 € à 21 400 €.

Cette mesure est soumise à des conditions strictes (audit énergétique, passage à une classe D minimum). Pour savoir comment orchestrer ces travaux sur un parc locatif, consultez notre guide sur le workflow de rénovation des passoires thermiques.


Le piège à éviter : la règle des 3 ans

C’est le point de vigilance juridique majeur. Si vous choisissez d’imputer un déficit foncier sur votre revenu global (les fameux 10 700 €), vous vous engagez à maintenir le bien en location nue jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation.

Exemple : Vous imputez un déficit sur vos revenus 2026. Vous devez louer le bien jusqu’au 31 décembre 2029. Si vous vendez ou si vous passez en meublé (LMNP) avant cette date, l’administration fiscale annulera rétroactivement l’avantage fiscal et vous réclamera l’impôt économisé (plus pénalités).

💡 Conseil pour votre déclaration fiscale : Le suivi de cet engagement de 3 ans et le remplissage des cases de la déclaration 2044 peuvent être complexes. Pour éviter tout redressement sur la forme déclarative, nous vous recommandons d’utiliser un assistant fiscal spécialisé, qui sécurise vos liasses fiscales et surveille vos délais légaux.


Pourquoi simuler avant d’investir (ou de faire des travaux) ?

Si l’aspect déclaratif est une obligation légale, la décision de faire des travaux doit être un choix financier stratégique. Un fichier Excel classique ne permet pas de visualiser l’impact réel du déficit foncier sur la durée.

C’est ici que notre outil intervient. Contrairement à une simple calculatrice d’impôt, [Nom de Votre SaaS] vous permet de projeter la rentabilité de l’investissement année par année.

Ce que notre simulateur vous révèle :

  1. L’effet « boule de neige » : Visualisez graphiquement comment le stock de déficit reportable protège vos loyers de l’impôt sur 5, 7 ou 10 ans.
  2. La comparaison de statuts : Est-il vraiment plus rentable de faire du déficit foncier (Revenus Fonciers) ou de passer en SCI à l’IS ? Notre outil compare les courbes de trésorerie nette des deux options en incluant vos travaux.
  3. L’impact sur le TRI : Calculez si l’économie d’impôt générée par les travaux compense le coût de la rénovation à la revente.

Le déficit foncier est puissant, mais il ne convient pas à tous les profils. Ne naviguez pas à vue.

Simuler mon déficit foncier et comparer avec le LMNP ou la SCI

Créez dès maintenant vos simulations afin d’évaluer le montant du déficit foncier année par année, et comparez l’enrichissement généré par rapport au LMNP ou à la SCI (IS et IR).


Questions fréquentes (FAQ)

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